Co3 : covid-19, confinement, course à pied… suite

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3 mai 2020, encore une date cochée dans mon calendrier, depuis des mois ! C’était donc aujourd’hui que j’avais prévu de participer au marathon de Rhodes, mais la crise sanitaire mondiale a tout chamboulé sur son passage. Les événements sportifs, entre autres, ont été annulés les uns après les autres, notre marathon local n’a pas été épargné.

En Grèce, ce 3 mai coïncide également avec le dernier jour du confinement : les mesures de sécurité commencent progressivement à être levées à partir de demain lundi. On pourra ainsi de nouveau s’entraîner librement à l’extérieur. Jusqu’à maintenant, j’avais donc comme principe de faire mes sorties courtes sur les petits chemins entourant mon village, et mes sorties de plus d’une heure dans mon jardin, sur ma jolie piste de 230m.

Pour me consoler de ne pouvoir courir le rendez-vous annuel qu’on attendait tous à Rhodes, j’ai donc décidé d’utiliser une dernière fois ma piste personnelle pour une sortie longue un peu particulière : le premier semi-marathon de Rèni ! Selon l’envie et la forme au bout des 92 tours, je rallongerai la distance… ou pas !

5h30, le réveil a sonné, le jour se lève à peine, moi de même, le rituel d’un matin de course se met en place… ça faisait bien longtemps… Mais aujourd’hui pas de stress pour rejoindre la ligne de départ, j’écris ces lignes juste avant de m’élancer pour mon semi-marathon un peu particulier.

3h20 après, le bilan est positif, mais bien cruel quand même… C’est sûr, et je le savais en m’élançant, ce n’est pas avec 50 jours de confinement qu’on peut tenter de se préparer sérieusement à un effort de longue durée… 90km en avril, avec une plus grosse sortie de 16km, ça fait tout de même léger. Les jambes douloureuses sur la fin, l’allure bien faible – même pour moi qui suis plutôt lent de toute façon -, le coeur qui s’emballe à partir du semi-marathon, autant de signes qui révèlent mon faible niveau d’entraînement actuel.

Malgré tout cela, je retiens d’abord la satisfaction d’avoir littéralement pulvérisé l’un de mes records personnels, celui de la plus grande distance parcourue dans mon jardin ! Et puis surtout, ça a été une belle expérience, de nouveau.

Début de course tranquille, le temps est couvert, les couleurs superbes, avec un bord de mer fabuleux de tranquillité comme souvent le matin. Deux compagnons de route au départ, Alba qui me suit fidèlement sur, quoi, un tour et demi, et Erato, la chienne des voisins, encore moins motivée… je vais retrouver Alba assez souvent, surtout du côté du point de ravitaillement.

Je me consacre pour ma part à un exercice assez étonnant, accumuler des tours et des tours ; cela pourrait paraître lassant, mais finalement j’y prends goût, et ça passe bien. Ravito tous les 5km, tout simple, comme pour un marathon : 1 sucre et de l’eau. Au 5ème, le soleil commence à percer la couche nuageuse, je sors la casquette par prudence. L’allure est bien stable, autour de 6’20 au kilomètre, soit quand même 40″ plus lent que mon allure marathon. Je prends plaisir à ce rythme, c’est le but d’ailleurs. Pause forcée au ravito du 10ème km, c’est pratique quand même de courir autour de chez soi. Aucun souci jusqu’à présent, le temps est idéal, le rythme stable, et mes pulsations cardiaques bien maîtrisées. Au kilomètre 15, je suis attendu par Christina, et j’ai l’impression en voyant ses photos, à postériori, que c’est finalement plus perturbant pour les spectateurs de me voir tourner comme un hamster dans sa cage.

26 tours plus tard, le semi-marathon de Rèni, mon objectif numéro 1, est bouclé. Je termine premier, et signe même le record de l’épreuve, mais ça devenait depuis quelques tours plus difficile : la distance, la température qui commence à monter (il est presque 9h et le soleil est désormais assez haut dans le ciel de Rhodes), l’effort commence à se faire sentir. Je décide néanmoins de prolonger le plaisir., et me fixe de nouveaux objectifs progressifs, 25km, puis 3h de course, et enfin 30km ! J’arrête alors mon chrono : 3h20, 132 tours, cela faisait longtemps que je n’avais pas couru autant… J’aurais sans doute pu continuer un peu, mais je sentais le rythme faiblir, et je ne voulais pas ternir l’impression de plaisir qui m’a accompagné sur toute cette matinée un peu singulière.

A chaud, je me suis tout de même demandé comment j’arriverai à boucler de nouveau un marathon, mais évidemment, la préparation aurait été bien différente en temps normal, sans cette crise sanitaire.

En tout cas, c’est une page qui se tourne, une expérience très particulière. Le confinement, même s’il est très supportable dans des conditions comme les nôtres, à Rhodes où le virus s’est fait très discret, impose forcément des changements radicaux dans nos habitudes. Côté course, pour moi, tout n’aura pas été négatif, bien au contraire ; cet exercice assez inhabituel de tourner sur un circuit court m’aura appris beaucoup, et j’y ai trouvé finalement un certain intérêt.

Mais maintenant, place au déconfinement… et retour à mes chemins habituels !!!

Prenez soin de vous !

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