Kronion Pérasma !

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Après un début d’année consacré au marathon, il me fallait définir un nouvel objectif. Non pas que cela soit une obligation : ma motivation première, à travers la course à pied, est encore et toujours de trouver du plaisir… Mais j’aime bien avoir un but précis, plus ou moins lointain, pour rythmer mes entraînements.

L’ultra-distance, ce n’est pas nouveau, m’attire beaucoup, et depuis avril dernier et le tour de Thasos, je n’arrivais pas à me décider pour cette année : course-nature, type trail, ou bien de nouveau une course sur route, mais sur quelle distance ?

J’ai finalement décidé de m’inscrire sur une course de 70 kilomètres, dans le Péloponèse, le Kronion Pérasma… Un format un peu intermédiaire, entre le marathon et le 100km, avec une distance que je n’ai parcourue que deux fois par le passé : la première en 2015 sur l’Euchidios, où j’avais été contraint à l’abandon, justement à cette distance, rattrappé par les barrières horaires ; la deuxième en 2017 donc, à Thasos. A chaque fois, j’ai atteint cette marque de 70 km en étant blessé, mon objectif numéro un sera donc de – enfin – parvenir à boucler les 70 km sans dégât.

Le parcours, d’après mes renseignements, est superbe, ce qui est très important pour moi. Sans doute assez difficile de par son profil assez montagneux, mais ici, en Grèce, c’est le cas pour pratiquement toutes les épreuves sur route, et c’est ce qui fait leur charme ! La route que nous allons suivre (presque 100% bitume) suit une boucle dans le massif du mont Parnon, la montagne qui d’après la mythologie grecque, abritait le Titan Kronos (ou Cronos), fils d’Ouranos et père des dieux de l’Olympe.

Personnage assez inquiétant que ce Kronos : fils d’Ouranos donc, qui se comporte en tyran et emprisonne ses propres enfants, il le détrône en le castrant avec la faucille que lui a donnée Gaïa, sa mère, et libère tous ses frères et soeurs. Apprenant qu’il sera lui-même renversé par l’un de ses propres enfants, il décide de tous les dévorer. Mais son épouse, Rhéa (qui est également sa soeur), finit par se rebeller et lui donne une pierre à la place de son 6ème enfant, et cache celui-ci en Crète. C’est le petit Zeus, qui grandit donc à l’abri de son père, nourri par une chèvre, Amalthée ! Arrivé à l’âge adulte, il revient se venger, force Kronos à vomir ses frères et soeurs (les dieux principaux, Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon), et avec leur aide réussit à vaincre les Titans. Kronos et ses alliés sont jetés dans le Tartare, tandis que Zeus et les autres dieux s’installent sur le mont Olympe… Charmant, n’est-ce pas ? On avait le sens de la famille, à cette époque !!! Va falloir que je fasse gaffe, sur les routes par là-bas ! Surtout après quelques dizaines de kilomètres, où avec la fatigue, je risque d’avoir des hallucinations !

saturne-devorant-un-de-ses-enfants

Mais revenons à ce parcours, que je vais décomposer en trois parties, avec donc trois objectifs successifs, ce qui sera plus facile à gérer.

1. Une montée régulière, de 20 kilomètres ! (20km / D+758 / D-186)

C’est la difficulté majeure de la course, et elle survient donc dès le départ ! En fait, non, il y a en gros les deux premiers kilomètres qui sont en descente, histoire de s’échauffer, mais ensuite, 18km presque non stop de montée, pour un gain d’altitude de 750m. On part du village de Agios Pétros, et on va cheminer sur une route forestière, ombragée, qui nous réserve de sacrés paysages… Presqu’aucune habitation, très peu de circulation, le cadre idéal pour courir. 4 points de ravitaillement sont prévus par l’organisation, aux kilomètres 5,7 / 10,4 / 14,7 / 18,7. A ce 4ème CP, c’est la 1ère barrière horaire de 3h, on bascule ensuite sur la 2ème partie de la course. Mon objectif perso sera tout simple : gérer au mieux cette belle montée, en me référant à tous les kilomètres accumulés sur la montagne du Profitis Ilias, ici à Rhodes. Je ne sais pas si je pourrai respecter le rythme travaillé à l’entraînement (11′ de course / 1′ de marche), tout dépendra de la pente de la route… mais l’important sera surtout de ne pas me mettre dans le rouge.

2. Une grosse descente, jusqu’au km45 ! (25km / D+237 / D-859)

Et oui, sur une boucle, ce que l’on monte, on va forcément le redescendre… Et en fait, la descente est même concentrée sur les 15 premiers kilomètres de cette section, jusqu’au 1er village rencontré sur la course, Vamvakou ! Retour à la civilisation sur cette section, on va traverser deux autres villages, Varvitsa et Karyès. 5 CP au total, aux kilomètres 24,3 / 28,5 / 33 / 39,5 / 45. A Karyès, km 45, terme de cette 2ème section, c’est aussi la deuxième barrière horaire, fixée à 6h30. Difficile de déterminer un objectif de temps, avec cette succession de montées et descentes, mais si tout se passe bien, je devrais être dans les temps que j’avais réalisés lors de mes deux ultras, à peu près à 5h au passage du marathon… J’ai donc une belle marge qui me tranquillise un peu, il y a toujours une grande part d’imprévu sur une course aussi longue.

3. Les derniers 25km, retour dans l’inconnu ! (25km / D+344 / D-294)

Sur le papier, c’est la partie la plus facile, sans gros dénivelé mis à part peut-être du côté du village de Vourvoura. Mais bon, avec un peu plus d’un marathon dans les jambes, la difficulté sera bien là, et je sais que ce sera difficile. On va en plus quitter la forêt et sa protection ombragée, la chaleur sera un paramètre essentiel, et l’hydratation d’autant plus importante à gérer. 5 CP prévus par l’organisation, aux kilomètres 49 / 53,7 / 59,5 / 64 / 70. Barrières horaires fixées à 8h30, au km 59,5 (Vourvoura) et à 10h30 à l’arrivée (Agios Pétros). Je ne me fixe aucun objectif de temps sur cette section, si ce n’est celui de rejoindre l’arrivée : autant je commence à savoir comment appréhender la distance du marathon, autant il m’est impossible de prévoir ce qui va se passer ensuite. Pour mes deux seules expériences précédentes en ultra, des blessures m’avaient contraint à marcher, beaucoup, à partir du 50ème kilomètre, avec un résultat différent, comme je l’évoquais plus haut. Ce qui est sûr, c’est que je vais énormément repenser à ces deux courses, l’Euchidios et le Théagénios, sur les routes du mont Parnon, et me fixer un objectif et un seul : profiter de ce parcours qui s’annonce grandiose…

kronion

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