35ème marathon d’Athènes… 5ème rencontre avec mon mur personnel…

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A ceux qui aiment les beaux compte-rendus de course, avec de jolis records chronométriques, des impressions positives et de l’enthousiasme,… je leur conseillerais de ne pas poursuivre la lecture de ce petit texte.

A chaud, 6h après l’arrivée, avec encore la fatigue de ces 42km que je ressens sur tout le corps, le bilan est décidément, une fois de plus (comme toujours ?), plutôt négatif. 4h22’48 », soit mon plus mauvais temps sur ce parcours historique en 4 participations, le 5ème sur mes 7 marathons.

Et surtout, une fin de course s’apparentant plus à un cauchemar, avec des douleurs persistantes au dos m’obligeant à de nouveau alterner course et marche, sans véritable plaisir. Même la descente de la rue Hérode Atticus, sur le dernier kilomètre tant attendu, ne m’aura procuré aucun plaisir. Et que dire de l’arrivée dans le stade Kalimarmaro, qui aura plus été synonyme de souffrance pour parvenir à franchir la ligne en courant. Aucune joie, juste le soulagement d’en finir… « Smile, you paid to do this », avais-je lu quelques kilomètres plus tôt… et déjà à cet instant, le sourire n’avait pas réussi à franchir la frontière de mon esprit ténébreux.

Bien avant le départ, avec cette fin de préparation perturbée par la réapparition de mon hernie discale, j’avais envisagé deux plans de bataille : l’un, optimiste, avec le premier semi au rythme travaillé à l’entraînement, la montée vers le 30ème km en limitant les dégâts, pour dérouler dans la descente vers Athènes… Tout juste après le passage au km21 et le retour des douleurs au dos, je me suis rabattu sur l’autre plan, tout simple : continuer, et serrer les dents…

A partir du km35, le coeur n’y était plus, j’ai dû me résigner à marcher, souvent. Non, vraiment, de ce 7ème marathon, je ne retire guère de plaisir, mais il aura été quand même source de moments intenses, comme toujours sur cette distance incomparable !!!

Comme toujours, des contacts forts avec d’autres coureurs : les amis, retrouvés avant le départ et avec qui l’on partage les espoirs et les craintes pendant l’attente du coup de feu ; les inconnus, souvent compagnons d’infortune avec lesquels on échange un mot ou un simple regard. Il y a aussi évidemment tous ces bénévoles et ces spectateurs, jeunes et moins jeunes, qui essaient de t’encourager à ne pas sombrer… à chacun d’entre eux, je suis infiniment reconnaissant, chaque geste, parole, ou regard m’aura aidé sur ce parcours exigeant !

Je garderai surtout de cette course trois belles rencontres :

    • La première, au km14, nous avions rendez-vous avec Pascaline, une amie que je n’avais pas vue depuis bien longtemps… j’étais encore en pleine forme à ce moment-là, et la bise échangée sur le bord de la route était très émouvante… 1 ou 2 secondes peut-être, mais qui m’ont donné des ailes pour quelques kilomètres supplémentaires.
    • Pour la 2ème, j’étais au fond du trou, vers la fin de la course (km39 ?), mais j’ai reconnu parmi les spectateurs un des coureurs qui fait partie de mes modèles, un spartathlète multirécidiviste, Giorgos ! Ses paroles d’encouragement m’ont fait un bien fou, même si j’avais un peu honte de le rencontrer pour la 1ère fois en chair et en os, alors que j’étais dans cet état de détresse physique et morale.
    • Et puis, dans la ligne droite de l’arrivée, en proie aux crampes, je me suis fait rattraper par un autre coureur rhodien, qui s’entraîne sur les mêmes routes que moi, Nektarios. On était partis du même sas, mais sans s’être vus au départ… et on a réussi à franchir la ligne d’arrivée main dans la main, après 4h22 d’effort solitaire !

Enfin, et c’est ce que je conserverai précieusement de ce marathon raté, un grand moment d’émotion m’attendait à Néa Makri : déjà, il y avait une ambiance formidable avec tous ces enfants qui avaient couru le matin leur propre course et qui nous tendaient la main. Et puis, quand la sono municipale a passé l’une de mes chansons favorites, un joli sirtaki, et l’une des plus belles chansons d’amour (Στρώσε το στρόμα σου για δυο), j’ai senti mon coeur s’emballer, et l’émotion me submerger… C’est cela aussi la course à pied : il s’agit bien sûr d’un effort solitaire, mais il y a toujours en arrière-plan, dans ton coeur, les personnes qui comptent pour toi, que tu emmènes en pensées dans tes courses solitaires, et qui te « portent » dans les moments difficiles… Sans elle, et sans mes deux filles, je n’aurais pu achever aucun de mes 7 marathons…

 

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9 réflexions sur “35ème marathon d’Athènes… 5ème rencontre avec mon mur personnel…

  1. Une nouvelle fois, je persiste et signe … Chapeau ! Courage, souffrance et détermination …. Respect !
    Je te souhaite de remettre tout ça d’équerre au plus vite et trouver une solution simple à ce douloureux problème d’hernie.
    Bonne récupération et encore bravo 👍😉

    • Merci coptere !
      Bizarrement, les douleurs au dos se sont calmées dès le lendemain, heureusement… J’ai même pu reprendre le vélo cet après-midi, tout doucement.
      Le marathon, c’est tout de même une expérience exceptionnelle, il faut toujours être prêt à rencontrer une nouvelle difficulté… vivement le prochain !

    • Merci Luc ! Que c’est dur souvent le marathon… On doit être un peu maso à vouloir toujours y retourner, chacun avec son objectif personnel…
      Bons runs à toi !

    • Oui, c’est en effet comme cela que je le vois, avec un peu plus de recul… L’article, je l’ai écrit comme d’habitude à chaud, pour conserver mes premières impressions.
      Maintenant, je vais garder en mémoire cette difficulté dans l’effort, comme tu dis, pour rebondir sur le prochain marathon !
      Merci !!!

  2. J’arrive un peu (beaucoup) après la bataille, j’ai été alléchée par le titre ahaha!!! ton billet fait merveilleusement résonance avec le mien (je ne sais pas si ça se dit mais moi je le dis ) … très émouvant ;o))

    • Merci, et …
      Oui, tu as tout à fait raison, on est totalement sur la même longueur d’ondes, à travers nos 2 articles, sur notre perception du marathon… Et d’ailleurs plus globalement aussi, sur notre façon de percevoir la course à pied

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