Athènes… jamais deux sans trois !

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C’était donc ma troisième participation à ce marathon d’Athènes. Parce qu’un marathon dans la capitale grecque, c’est plus pratique pour moi qui habite en Grèce ; parce que suite à mes deux premières participations, il y avait comme un goût d’inachevé ; et surtout parce qu’Athènes, c’est la course originelle, incontournable, et malgré les difficultés propres à son parcours, on y revient naturellement.

Bref, dès le mois de mai, j’avais validé mon inscription, et ce marathon avait tout de suite retrouvé sa place réservée dans mon programme annuel, l’objectif-phare de 2014, un peu le point d’orgue de ma saison sportive, tout comme en 2013, tout comme en 2012.

Pour préparer cette course, un délai un peu écourté cette année. Je choisis un plan sur 8 semaines, mais pas n’importe lequel : le fameux plan concocté par Gérard Martin, entraîneur très expérimenté… plan que j’avais en tête depuis pas mal de temps, mais que je n’avais pas encore mis en pratique. Et sur ces huit semaines, le plan, très bien équilibré, s’est déroulé sans accroc. Je me présente donc à Athènes dans les meilleures conditions possibles, en espérant battre mon record personnel de 2013, 4h11’04.

Dès l’arrivée dans la capitale, direction l’expo-marathon à Néo-Faliro, histoire de retirer mon dossard, et de respirer l’ambiance de l’avant-course. J’y retrouve mon ami Pantélis, qui a suivi le même plan d’entraînement, pour un objectif plus rapide. Traditionnelle séance photo, rencontre avec quelques amis. Le temps est pour l’instant très dégradé, on aura même une belle averse sur Athènes dans l’après-midi…

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Arrive enfin ce dimanche matin tant attendu… Avant que le réveil ne sonne, je me lève, ne pouvant plus dormir. Il est cinq heures et demie, douche puis petit-déjeuner, le rituel est maintenant bien réglé. Christina et sa cousine m’accompagnent à Syntagma, la place du parlement grec. Il y a un monde fou, comme d’habitude, et je retrouve plusieurs coureurs rhodiens avec qui nous allons rejoindre le petit village de Marathon. Et oui, aujourd’hui, c’est quand même le marathon de Marathon, le classique, cette course qui depuis a été exportée partout à travers le monde !

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A Marathon, nous sommes environ 13000 inscrits cette année, record de la course. Je suis bien concentré, mais décidé cette année à profiter de tous les instants, sans céder au stress du chrono, même si c’est évidemment important. Le temps s’est mis au beau, plus un nuage, et en effet, sur toute la durée de la course, on va avoir chaud… Ça n’empêche, dans l’effervescence de la remise des affaires aux bénévoles, j’oublie de récupérer ma casquette, qui va faire les 42 bornes dans mon sac… c’est malin, ma belle casquette lorraine !

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Bref… Départ à 9h07, soit 7 minutes après les coureurs « élites ». Avec Pantélis, nous sommes dans le même block, le 4, nous allons faire notre mise en jambes ensemble, puis il me distance petit à petit. Je me cale sur le rythme prévu, aux alentours de 5’30-5’35 au kilomètre, et cela jusqu’au km10… Passage en un tout petit moins de 56’.

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A cet instant-là, je sais que les choses sérieuses vont commencer. La montée vers le km31 débute, pas méchante, entre 1 et 3% de moyenne par kilomètre… mais sur 20 bornes tout de même ! Le plan, ne pas me mettre au rouge dans cette montée, et pouvoir aborder la descente mieux que les années précédentes. Prudence donc, je baisse l’allure, en fonction de la pente, et me retrouve sur un rythme oscillant entre 5’40 et 6’00 au kilomètre. Résultat, mon passage au semi est plus lent que les années passées, 2h00’16 !

Pas de panique, c’était prévu, tous les précieux conseils que j’ai reçus avant la course me préparaient à cela. Je poursuis donc sur le même rythme, et aborde les principales difficultés du parcours. Le rythme fléchit encore un peu, jusqu’à 6’24 au kilomètre 25 (mon plus lent sur l’ensemble du marathon) et les pulsations grimpent avec l’altitude (au-dessus de 167 pulsations par minute en moyenne, soit 90% de ma fréquence cardiaque maximale, à partir du kilomètre 26). C’est que cette partie n’est pas vraiment évidente. Heureusement, nous sommes de plus en plus soutenus par les spectateurs, et en particulier par tous ces enfants qui nous tendent leurs mains au passage. J’entends même un Alain sur le parcours, merci au gamin qui a réussi à lire mon prénom sur mon dossard, et l’a prononcé avec un bel accent, ça fait un bien fou ! Passage au 30ème km en un peu moins de 2h55.

Il reste alors une dernière montée, le fameux tunnel du km 31. Contrairement aux années passées, je ne marche pas, j’encourage même au passage un autre coureur qui semble assez éprouvé, et bascule vers Athènes. L’objectif initial était alors de relancer l’allure. J’essaye tant bien que mal, je sens que ça va beaucoup mieux qu’en 2013, mais impossible d’aller plus vite que 5’40. En faisant des calculs rapides, je comprends rapidement qu’il me sera impossible de terminer sous les 4h. Dès le km 35, j’abandonne donc cet objectif, et me concentre sur mes deux autres objectifs du départ : améliorer mon record, et surtout profiter de la fin de la course, qui est tout de même la partie la plus intéressante, question décors. Je vais donc gérer les derniers kilomètres du marathon, en pensant à ma femme et ma fille qui m’attendent dans les tribunes du stade Kalimarmaro, en contrôlant mon rythme, vers 6’00-6’05 au kilomètre, et en essayant de ne pas penser aux douleurs de plus en plus vives au niveau des cuisses.

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Arrive enfin ce virage que tous, nous attendons avec impatience, et la descente de la rue Hérodos Atticus. Un monde fou, comme d’habitude, 500-600m, et au bout, le stade qui s’offre à nous… Grand moment d’émotion, les yeux qui piquent un peu même, magique cette entrée dans cette magnifique enceinte, encore bien remplie malgré les presque deux heures qui se sont écoulées depuis l’arrivée du vainqueur (qui cette année a effacé le record de 2004). A cet instant d’ailleurs, peu importe mon temps, je sais que l’essentiel est là, dans cette distance d’un stade que je vais savourer, à chercher sans les trouver, mes deux spectatrices. Je ne les distingue pas, mais elles sont bien présentes, dans mon cœur et dans mon esprit, en compagnie de la troisième, la Parisienne… et je franchis pour elles trois la ligne d’arrivée !

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4h09’05… bien au-dessus des 4h, mais 2 minutes de moins que l’an dernier. C’est donc mon nouveau record personnel sur cette si jolie distance. Surtout, je sens que la gestion de la course était moins mauvaise, même si elle est encore nettement améliorable. Toujours un split important entre le premier et le deuxième semi (+8’49), mais cette année, je n’ai pas connu la grosse défaillance des années précédentes. C’est en tous les cas une expérience fabuleuse !

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Quelques jours après, il me tarde déjà de courir un nouveau marathon. Cette fois, ce sera dans la capitale de mon autre pays, à Paris, en avril. Le parcours semble plus facile, et ce sera peut-être l’occasion d’aller enfin chercher cette barre des 4 heures. Mais on n’en est pas encore là…

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