Mon 3ème marathon, en mode solo !

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Voilà, c’est fait, j’en suis venu à bout, de mon marathon OFF…

Marathon en solitaire, mais très important pour moi, puisqu’il venait en remplacement du marathon de printemps que j’avais programmé, dès l’arrivée à Athènes, en novembre dernier.

Je n’étais pas totalement satisfait de ma deuxième expérience sur le parcours historique du marathon, d’abord à cause du temps un peu décevant (4h11, soit à peine 3′ de mieux qu’en 2012, malgré les progrès à l’entraînement), mais surtout à cause des difficultés physiques et mentales rencontrées, à nouveau, à partir du kilomètre 30… Le fameux ‘mur du marathon’ sans doute.

Pour effacer cette impression mi-figue, mi-raisin, j’avais donc projeté de faire un marathon fin mars, dans le Péloponèse : il y avait le choix, soit Nauplie, soit Messini, tout près de Kalamata. C’était sans compter les aléas liés à mon boulot : je me suis retrouvé à devoir tout annuler, faute de pouvoir payer le déplacement… Le plaisir d’habiter dans une île, de plus si éloignée du continent : tout est plus compliqué, il faut rajouter aux frais d’inscription, le trajet en avion, l’hôtel, tout devient hors de prix ! Bref, pas question de voyager, mais la préparation étant bien démarrée, et ma course-test (locale, le semi entre Soroni, mon village, et Apollona) ayant été très encourageante, c’eût été dommage de ne pas continuer.

L’an dernier, j’avais lu le compte-rendu d’un marathon OFF (c’est-à-dire un marathon non organisé) couru par un de mes amis ‘virtuels’ rencontré sur le net, et j’avais été vraiment impressionné… Tout naturellement, j’ai suivi l’exemple de Thierry. Je me suis donc replié sur l’idée de courir mon propre marathon : tracer un parcours de 42.2km et me préparer comme pour une vraie compétition. Et je me suis pris au jeu, c’en est même devenu un véritable défi…

marathon de soroni

Les avantages, nombreux, à commencer par la discipline nécessaire : il faut s’astreindre à respecter son programme d’entraînement, alors qu’on ne va pas s’aligner sur une vraie compétition, c’est d’autant plus difficile… et je n’ai pas loupé une seule séance, 5 entraînements hebdomadaires en mars ! C’est aussi une sacrée façon de se forger un mental à toute épreuve : on va courir seul, sans autre satisfaction que de se dire qu’on est allé au bout… La course à pied est par essence un effort solitaire, mais là, tu n’as même plus personne pour souffrir avec toi ! Mais quelle expérience !!!

maillot

Avant-hier, dimanche, en ce jour de marathon parisien, j’avais donc programmé mon 42.195km en solo. Les derniers jours, en même temps que mon entraînement se relâchait, j’avais senti la pression monter, comme lors de mes premiers marathons. Dernière nuit pourtant impeccable : sommeil normal, réveil à 4h pour avaler mon petit-déjeuner, retour au lit jusqu’à 6h15 (ça, c’est l’avantage de courir tout près de chez soi), puis préparation : douche, café, vérification de la tenue et du matos, et direction le vieux stade d’Agio Soula. Là, je prépare sur le siège arrière de ma voiture mes ravitaillements (mon parcours se compose de trois boucles, il y aura donc deux passages intermédiaires), et j’enclenche le chrono, à 7h20… C’est parti !

profil marathon

Sur les premiers kilomètres, dans la descente régulière jusqu’au rivage, je me force à ne pas aller trop vite, mais je suis un peu plus rapide que mes prévisions : 5’18, 5’14, 5’21… Les pulsations sont assez basses, je ne m’inquiète donc pas. Arrive assez rapidement le 5ème kilomètre, et le 1er ravitaillement, où mon fan-club m’attend fidèlement ! Je les retrouverai à chacun de mes trois passages, et que ça fait du bien ! Un sachet de sucre et de l’eau, ce sera mon menu, tous les 5 kilomètres, sur toute la course. Ensuite se met en place un rythme régulier, moins soutenu, puisque je commence rapidement à remonter en altitude vers Agio Soula par un très joli et bucolique chemin de terre, qui serpente le long d’un charmant petit torrent, mais qui sur la fin est tout de même bien pentu (entre 5 et 10% de pente, sur quand même 2 fois 500m). Ravitaillement et recharge en eau au point de départ, (1’20 de pause, je me suis alors dit qu’il fallait que je fasse plus vite au deuxième passage) la 1ère boucle est bouclée en 1h22, soit un rythme de 5’51 par km.

Je repars en pleine forme, de nouveau la partie facile du parcours, et repasse devant chez moi assez frais… Un peu plus loin, cependant, les choses commencent à se gâter : j’arrive au semi-marathon, et là, barrière psychologique (?), je sens l’enthousiasme s’estomper, et les douleurs physiques apparaître. Je termine ma deuxième boucle assez facilement quand même, mais le fameux chemin de terre commence à dévoiler quelques pièges caillouteux, et le temps commence à s’allonger inexorablement : 1h26 sur les 14km, soit déjà 4′ de plus !

Et après le 3ème passage auprès des miens, je commence à rentrer dans le dur… Le vent a commencé à se lever, et souffle de face (sud-est), alors que le soleil, qui s’était fait discret jusqu’à présent, commence à taper plus fort. La longue et régulière montée le long du torrent Dipotamos, est assez difficile, mais je tiens à ne pas marcher… Je me suis promis de ne marcher dans le dernier tour que dans la partie vraiment pentue, je m’y tiens. Pourtant, que ce chemin de terre est hostile, avec ses rochers qui manquent sans cesse de me faire trébucher, avec les arbustes sur le bas-côté qui ont poussé depuis mon deuxième passage et qui m’offrent maintenant leurs épines, et avec le torrent qui s’emballe et que je n’arrive plus à traverser d’un saut … je sens que mon rythme faiblit, c’est sûr. Enfin, j’arrive tout de même à cette fin de parcours qui me plaît tant, en sous-bois : je ne vais pas dire que j’accélère, mais je retrouve un rythme plus acceptable… surtout qu’au débouché de ce tronçon, c’est l’arrivée dans le stade, où m’attendent Christina et les filles ! Pas question de flancher, même si je ne suis vraiment pas frais ! La dernière boucle aura duré 1h29, soit 7′ de plus que la première… Temps total, 4h17 !

arrivee

Côté pulsations cardiaques, grosse dérive : 144 (76% de ma FCM) en moyenne sur la première boucle, 155 (82%) sur la deuxième, et 164 (86%) sur la dernière ! Avec un maxi relativement maîtrisé, à 173 pulsations (soit 91% de ma FCM)… Rien à voir avec mes deux courses à Athènes, où ayant à chaque fois démarré trop vite, j’étais plus vers les 165 de moyenne sur l’ensemble de la distance.

Deux jours après, l’heure est au bilan, c’était aussi une des raisons de cette expérience, de pouvoir en tirer des conclusions, et orienter la suite de ma saison d’entraînement.

Côté négatif, indubitablement, la difficulté à gérer le basculement dans l’inhabituel, question distance… Autant je sens que je suis à l’aise sur la distance de 21 bornes, et je ne me pose aucune question en course, autant dès que j’atteins les 25-28 km, je commence à appréhender la suite, avant même d’avoir des douleurs aux jambes… Et en effet, après les 30 km, les jambes commencent à souffrir… Est-ce un manque dans la préparation, me faut-il allonger mes sorties longues à plus de 30 bornes ?

Côté positif, énormément de choses, et c’est rassurant pour la suite… Terminer un marathon en solo, c’est incomparable, quant à se rassurer sur son mental : on puise vraiment dans ses propres ressources, et pas seulement lors de la course, mais aussi comme je le disais plus haut, pendant la phase de préparation. La question du ravitaillement me perturbait, je pense avoir trouvé la bonne formule, simple à mettre en place : eau + sucre, rien d’autre, et physiquement, ça s’est beaucoup mieux passé qu’à Athènes, où j’avais un peu fait n’importe quoi (banane, gel, barre, au feeling…). La récupération aussi est intéressante : le mal aux jambes de l’après-course (difficulté à descendre les escaliers) s’est estompé dès le lendemain, j’avais même déjà envie de courir hier mardi !

Reste bien sûr maintenant à concrétiser tout ça lors d’une épreuve officielle… Ce sera Athènes, de nouveau, le 9 novembre prochain !

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